ESSAI

La 911 carrera 2.7 de 1974

Par Arnaud Teillon – Photos Thierry Gromik

Vous l’aviez peut-être aperçue sur le stand Ferdinand Magazine à Rétromobile, en février dernier. Tout le monde se demandait alors de quoi il s’agissait exactement… Une bête 911 2.7 de 150 chevaux en provenance des États-Unis ? Un pauvre coupé affublé d’une queue de canard ? D’une Porsche « américaine » que les Français (les seuls !) regardent trop souvent avec dédain ? Voici son histoire et son essai.

Pour débuter, attardons-nous sur les conditions de la naissance de cette 911. Il s’agit bien entendu d’une caisse appelée « G », dont le style parvient à merveille à s’accommoder des nouvelles contraintes américaines relatives à la sécurité.
C’est essentiellement à Wolfgang Moebius que revient le crédit des pare-chocs absorbants, parfaitement intégrés, à l’avant et à l’arrière, qui constitueront la plus longue identité visuelle de l’histoire des 911, de 1974 à 1989.

Autre point essentiel : cette auto est aussi la première 911 a avoir été développée – du moins en partie – dans le tout nouveau centre de recherche et développement Porsche de Weissach. En cela, aussi, elle apparaît comme historiquement importante. Quant à la différence entre les modèles européens et américains, elle tient essentiellement à la motorisation.
Les européennes disposent du moteur hérité de la 2.7 Carrera RS, le bloc 911/83 de la « légende » de 1973, tandis que les américaines et les nouvelles 2.7, dont fait partie cet exemplaire californien, reçoivent le 911/93 qui, autre spécificité, partageait avec le 83 le traitement des cylindres au Nikasil, pour cette seule année de production. Autre point important, sa rareté : seuls 528 coupés et 246 Targas furent produits.

Dernier point important : son aileron « queue de canard » – remis ensuite en question pour cause de dangerosité dans plusieurs pays – était, pour cette année 1974, d’origine et non optionnel. Et il est toujours resté à sa place.

LONGUE HISTOIRE RESPECTUEUSE
Cette Porsche Carrera est arrivée en France par bateau voici plusieurs années. Et, depuis toujours, semble-t-il, elle s’était baladée de main en main, avec au moins cinq propriétaires aux États-Unis, où elle a vécu dans l’ouest du pays, heureusement – les voitures ne rouillent pas (à partir du Texas) –, et trois autres, depuis son débarquement en Normandie.
Un chiffre qui fera immanquablement bondir les donneurs de bons conseils sur les carnets d’entretien et les faibles kilométrages, mais qui ne suscitera pas le moindre cillement chez ceux qui roulent, aiment, entretiennent, restaurent et savent par la pratique plus que par la lecture de quoi nous parlons. Mais revenons à nos moutons, voulez-vous ? (Découvrez la suite de l’article dans le numéro 19).

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