SAGA

C’était un rendez-vous, le making of…

 Photos Philippe Boutié

Il arrive seul, d’un pas calme. Il est 7 h 30. Claude Lelouch nous avait dit : « Le plus tôt sera le mieux. Je suis très matinal ». Nous étions sur les pavés du Sacré-Cœur depuis trente bonnes minutes. Car il n’était pas question de rater le privilège de cette rencontre.

  La chaîne qui interdit l’accès des automobiles au parvis de la basilique était restée ouverte, comme dans son film mythique de 1976. Une chance puisque ce n’est plus jamais le cas. Sur les marches, les derniers fêtards finissaient leurs dernières bouteilles. Le soleil, montant dans le ciel, donnait à Montmartre cette même ambiance romantique qui clôt « C’était un rendez-vous », le petit bijou automobile créé par Claude Lelouch. L’histoire d’un homme qui a rendez-vous avec la femme qu’il aime et qui est en retard, à l’autre bout de Paris.

Nous vous avions déjà proposé la lecture du remake photographique en Porsche du film, voici quelques années. Mais, cette fois, Claude Lelouch nous a donné rendez-vous sur place, à Montmartre, au petit matin, pour évoquer ce tournage de huit minutes et la carrière fulgurante de ce chef-d’œuvre.

À peine arrivé, l’homme entre dans le vif du sujet : « Que puis- je vous dire de plus sur ce film ? »

Nous avons mille questions…
« Dépêchez-vous, alors, car je ne pourrai pas rester toute la matinée avec vous, malheureusement ».
Ce film, c’était une idée longuement mûrie ou un coup de tête ? 
« L’histoire est très simple. Nous venions de tourner Si c’était à refaire et il nous restait de la pellicule, dont un gros rouleau de trois cent mètres. Je me suis alors dit que ce serait bien de nous en servir et de ne pas le rendre. C’était, tout au plus, une dizaine de minutes de tournage. J’ai alors eu cette idée de film… »
L’idée, ce n’était pas la voiture et la vitesse, n’est-ce pas ? 
« Non, c’était celle d’un homme qui a rendez-vous avec une femme, au petit matin, à Montmartre et qui est en retard. Alors, il accélère et roule très vite, hors de toutes les règles de sécurité. Et il parvient après huit minutes sur les pavés du Sacré-Cœur, où nous sommes actuellement, et cette jeune femme apparaît, montant les marches. Ils s’embrassent ensuite ».
Nous venons de tenter de refaire le même parcours, entre la Porte Dauphine et ici, à Montmartre, à bord de cette Porsche de 1972. C’est aujourd’hui impossible à reproduire : il y a des feux partout, sur l’avenue Foch, des sens interdits…
« Nous l’avions vraiment fait en huit minutes. Un « plan-séquence », comme on dit dans notre jargon. C’est-à-dire qu’à aucun moment, la caméra ne s’interrompt. C’est filmé d’une seule traite, si vous préférez. Même la scène finale est réalisée ainsi. Il nous restait alors quinze secondes de pellicule pour la réussir du premier coup ». (découvrez la suite de l’article dans le numéro 22).

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2018-08-19T19:52:15+00:00