HISTOIRE

De la 916 à la RS

Par Georg Konradsheim et Thomas Gruber

Le plus incroyable livre consacré à la Porsche 911 2.7 Carrera RS sera, dans les jours à venir, disponible en français. Seulement 210 exemplaires de ce chef- d’œuvre seront disponibles en français. L’éditeur TAG a accepté de vous en offrir un extrait. Il est consacré à la Porsche 916 qui, on l’ignore trop souvent, a donné naissance à la fameuse Carrera RS, objet de tant de convoitises.

La 916 était, pour le millésime 1972, la réponse de Porsche à la Dino 246 GT de Ferrari. Dans un premier temps, les Allemands prévoient la construction de 10 exemplaires, puis de 20 ou 50 autres. Cent voitures sont même un temps envisagées.

Le process industriel est prévu ainsi : Karmann livre des carrosseries de série de 914-4 à Stuttgart, peintes couleur ivoire clair (numéro VW L80E, code Porsche 1110) et toutes les pièces inutiles à la 916 lui sont retirées selon une liste précise (pare-chocs et boucliers, capot de moteur, toit en matière plastique, instruments du combiné…). À la différence de la 914 de série, la carcasse du siège du passager avant est identique à celle du siège du conducteur, pour permettre de régler les deux sièges. D’autres pièces sont ensuite livrées en vrac par Karmann : pare-brise, baguettes décoratives, éclairage de plaque d’immatriculation, élément rembourré de la paroi arrière, en plus des sièges passagers, et diverses autres pièces mineures.

Avant toute chose, il est impératif de choisir les couleurs extérieures définitives et les équipements intérieurs : le bureau d’études les propose et les détermine en mai de cette année. Il apparaît très vite clair que le résultat sera haut en couleur. Les carrosseries sont ensuite livrées à Baur, chargé de certaines modifications significatives : souder les élargisseurs de passage de roue, la tôle de radiateur d’huile et le toit en acier, certes, mais aussi une foule d’autres modifications.

Accrochez-vous ! Renforcer les attaches de suspension de boîte de vitesses. Souder les renforts de longeron (au total 21, comme sur ce que propose le « kit sport ») et les supports de barre stabilisatrice. Monter les pare-chocs en plastique renforcé par de la fibre de verre à l’avant et à l’arrière (livrés par la société Waggonfabrik Rastatt), poser les carénages de bas de caisse en plastique renforcé par de la fibre de verre, installer le capot moteur avec une admission d’air élargie, insérer l’indicateur de réserve d’essence (dans la console centrale) et l’instrument combiné, et monter la barre stabilisatrice de l’essieu avant, le palier d’arbre de commande de vitesses, le support de fixation de la roue de secours, la console du filtre à carburant et le repose-pied au-dessus des tuyaux d’huile.

C’est chez Baur que sont fabriqués et montés les éléments intérieurs, conformément aux spécifications du bureau d’études. Sur les 916, seules les zones visibles, à savoir la carrosserie extérieure, le compartiment moteur et les coffres à bagages, sont peintes dans la couleur finale. Le plancher du véhicule reste donc de couleur ivoire, les passages de roue ne sont que pulvérisés en noir et, même dans l’habitacle, les éléments sous la moquette et les habillages restent ivoire (Découvrez la suite de l’article dans le numéro 19).

 

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2018-08-20T12:33:59+00:00