Courir en Porsche pour moins de 10 000 €

Après les deux premiers meetings et les quatre premières courses, le moment est venu de tirer les premiers enseignements et de planter le décor de la saison 2018. Le bilan ? 110 % positif !
Novembre 2017 – Les News de Ferdinand

Plantons le décor pour celles et ceux d’entre vous qui n’ont pas suivi : il s’agit, pour nous tous, débutants et amateurs confirmés, de pouvoir courir en Porsche, dans de très belles courses organisées par le promoteur réputé des VdeV Endurance Series, sur les plus beaux circuits de France, sans se ruiner et sans les contraintes inhérentes à de longs et fastidieux transports. Le budget ? Il ne doit pas dépasser 10 000 € par an, hors achat de la voiture. Bien sûr, il est facile de tricher mais ce n’est pas dans l’esprit de ce que nous organisons là.
À Magny-Cours, nous avons même réfléchi aux sévices corporels que nous infligerions à celui (ou celle) qui serait pris en flagrant délit de dépenses somptuaires. Rasé en public ? Condamné à inviter tout le championnat à dîner ? Un tour de pénalité en finale ? Le conseil des pilotes statuera sur place…Plus sérieusement, il s’agit donc, pour toutes et tous, de trouver l’auto de son choix, peu chère, si possible déjà préparée et de la faire équiper pour la course (5 000 € HT). Mais elle doit pouvoir continuer à rouler sur la route. C’est ce que Patrick Boidron et nous avons fait cette année avec des 944 S2… dont les valeurs ne cessent de grimper ! C’est l’un des avantages de rouler en Porsche : les autos n’arrêtent pas de prendre de la valeur. Et, dans le pire des cas, il semble impossible de revendre sa voiture à perte après une ou deux saisons de course. Mieux : outre le parrainage des huiles Valvoline pour la saison 2, nous négocions actuellement avec des manufacturiers de pneumatiques, des équipementiers, etc., de manière à ce que tous les concurrents en profitent. Car ce championnat, vous l’aurez compris, n’est aucunement une opération commerciale au profit de Ferdinand Magazine. Chaque nouvelle contribution viendra ainsi réduire les coûts de chacun.

Donc, quand nous avons, pour la première fois, émis l’idée de réaliser un championnat accessible aux débutants, bon marché et auquel il faudrait se rendre par la route au volant de sa vieille Porsche, nous avons eu toutes les peines du monde à imaginer ce que seraient vos réactions.
Au fil des semaines, vous avez été nombreux à nous appeler, à manifester votre enthousiasme… et à demander quel serait le règlement. Seulement voilà : nous n’en avions pas écrit. En fait de règlement – et il en sera sûrement de même pour 2018 – nous avons surtout compté sur l’acceptation de l’état d’esprit que nous envisageons pour ces courses. Du bon sens et de l’envie de courir, d’apprendre et de passer un bon moment ensemble, voici ce que nous recherchons tous. Si bien qu’à chaque fois, il nous a fallu expliquer que la Ferdinand Cup serait une chose sérieuse pour des porschistes qui ne se prendraient jamais au sérieux.
Lorsque les premiers inscrits nous ont demandé « si leur auto serait éligible », nous leur avons répondu par l’affirmative avant même de savoir de quel modèle il s’agissait. Toutefois, rappelons que nous ne souhaitons que des Porsche antérieures à 1999 et pas de GT3 ou autres mèches susceptibles d’allumer une course à l’armement. Seules autres conditions : les voitures doivent répondre aux normes de sécurité obligatoires et être contrôlées par le Championnat VdeV et la FFSA. Pour mémoire, VdeV a créé pour l’occasion un kit complet comprenant les baquets, les extincteurs, l’arceau, etc. Pour 5 000 € HT, donc, n’importe quelle Porsche peut aujourd’hui en disposer.
Initialement, nous voulions réaliser trois meetings de deux courses chacun. Après la première épreuve à Dijon, tous les participants étaient si heureux de leur week-end de course que le pari de créer une compétition simple, économique et conviviale semblait déjà en voie d’être gagné.

DÉBUTS PROMETTEURS

À Dijon, donc, au début de l’été, nous nous sommes retrouvés dans le paddock avec sept ou huit Porsche arrivées par la route. Nous étions une douzaine de pilotes, sans motor-home ni garage, ouvrant les sacs neufs de combinaisons, de gants et de Hans, se changeant sur place, gonflant et dégonflant des pneus au petit bonheur, glanant des conseils de-ci de-là… De cette ambiance estivale de fin d’école est née une atmosphère très conviviale où tous donnaient un coup de main à qui en avait besoin. Les autos n’étaient pas toutes prêtes. Certaines ont pris la piste avec leur roue de secours et pas mal de bazar à bord. Certaines, qui avaient déjà couru, étaient plus prêtes que d’autres. Nous nous disions tous : « Pour la course, j’aurais peut-être dû retirer le siège passager qui doit bien peser 30 kg, non ? » Amateurs, certes, débutants sans doute, mais toujours prêts pour un fou rire. Au moment de prendre la piste pour la première séance d’essais libres, en revanche, quelques craintes ont pu se lire sur les visages des uns et des autres. Une histoire de « première fois », comme avant un saut en parachute ou une ascension en montagne : l’envie est là. Et l’inconnu aussi.
Qu’importe : lors du briefing des pilotes, puis entre nous, nous avions insisté sur l’exigence de sécurité qui devrait rester à l’esprit de tous. En piste, il y avait les autres autos du plateau VHC de ces VdeV Endurance Series qui nous accueillaient. La convivialité, le sérieux, l’absence de frime et le professionnalisme des équipes présentes nous ont bluffés à chaque reprise. Chaque midi et chaque soir, tous se sont retrouvés pour dîner ensemble, boire une bière après une journée de boulot, en piste ou dans le garage, et cela s’est passé à merveille. Même les néophytes ont été mis à l’aise et encadrés, de manière à ce qu’ils prennent le plus de plaisir possible tout en veillant à la sécurité de tous. De même, la qualification s’est passée sans encombre et les plus affûtés d’entre nous se sont logiquement retrouvés devant.
En course, la 914-6 pilotée par Olivier Monot a été victime d’un accrochage avec une Alfa Romeo dont le pilote était visiblement peu au fait que Sebastian Vettel n’était pas venu ce week-end. C’est rare mais cela arrive. Ce pauvre Olivier a donc été contraint de revenir au stand après seulement trois virages. Train arrière gauche tordu, la Porsche avait souffert et, malheureusement, elle n’a même pas pu être prête pour Magny-Cours. Pour le reste, Patrick Boidron, figure historique des circuits, venait juste de terminer l’installation de l’arceau dans sa 944 S2 totalement de série. Il en a partagé le volant avec Guillaume Noiret… qui débutait avec nous. Quant à Franck Laga, venu avec sa splendide 911 RS Replica, il l’a partagée avec Ambroise Dupont, dont la propre 914-6 était en cours de finition. Idem pour Bastien Mathieu, dont la SC a connu un souci de dernière minute. Outre la RS, l’autre Porsche réellement prête, car allégée de tous ses accessoires mais dépourvue de préparation moteur, était celle de l’équipage Alexandre Simon/Stéphane Enout. Les deux jeunes espoirs ont roulé lors de chaque séance, se qualifiant en pole position et… remportant les deux manches. Le premier a longtemps animé les pelotons des Mitjet Series tandis que le second a disputé deux manches de la Porsche Carrera Cup, il y a longtemps. Bien qu’handicapés par une forte grippe, ils se sont imposés sans coup férir dans la « Cup », devant la Porsche 3.0 RS de Laga/Dupont et la 944 S2 de Boidron/Noiret, tout en s’immisçant, le samedi, parmi les gros bras, protos et divers d’autres marques. Chacun a ainsi pu regagner tranquillement son domicile, par la route, le samedi soir ou, au plus tard, le dimanche matin. Comme cela se pratiquait en Coupe Gordini, il y a cinquante ans. Et si l’esprit naissant de la Ferdinand Cup se construit sur les bases de ce premier meeting, alors le pari devrait être gagné.

PLATEAU RÉDUIT MAIS COURSE INTENSE

Pour la seconde épreuve, tenue à Magny-Cours le week-end du 8 octobre, il s’est agi de confirmer et de prendre date en vue de la première manche de la Cup 2018, qui se disputera à nouveau dans la Nièvre. Il n’y avait que cinq Porsche en piste, ces jours-là. La 968 CS de Frédéric Caunes, les deux 914-6, la 911 2.0, la 3.0 SC et les trois autres 911 attendues ayant déclaré forfait pour des raisons techniques, mais aussi d’emplois du temps de rentrée. Pourtant, en piste, la concurrence s’est vite organisée avec une bataille au dixième de seconde entre la 944 S2 d’Alexandre Simon et la 911 RSR de Franck Laga, qui s’est finalement inclinée pour deux dixièmes dans les ultimes secondes de la séance. En course, pourtant, il n’y avait pas photo. Après le chaud soleil du samedi, il a plu des trombes d’eau lors de la manche du matin comme de l’après-midi. La 911, n’étant venue qu’avec des Michelin de rallye « secs », a été larguée sous la pluie par les deux 944 équipées d’excellents Toyo « track » mixtes. Si bien qu’au cumul des quatre courses, la paire Enout/Simon a remporté haut la main le classement général de cette première Ferdinand Cup devant Franck Laga et le duo Boidron/Plowieki, qui complètent le podium. La remise des prix aura lieu lors de la prochaine édition du Bistrot de Ferdinand, au début du mois de décembre, à Paris. Les partenaires de l’édition 2018, ainsi que les primes aux vainqueurs et les lots tirés au sort parmi les concurrents, histoire d’offrir une véritable égalité des chances, y seront dévoilés.

UN BEAU CALENDRIER POUR 2018

Côté calendrier, nous pouvons déjà vous dire qu’il sera le plus prestigieux possible puisque le championnat empruntera les autres circuits français ayant accueilli au moins un Grand Prix de France, à savoir Magny-Cours, Dijon, Le Mans (Bugatti) et le Paul Ricard. Enfin, côté participants, nombre d’entre vous ont déjà confirmé leur participation. Entre autres, l’ostéopathe le plus rapide du monde, Hubert-Louis Chevasson, sera là avec sa 928 S4. Il nous avait rejoints dans les paddocks de Magny-Cours et, en tant que pilote « local de l’étape », nous a fait découvrir ses bonnes tables de la région, piaffant d’impatience à l’idée de prendre la piste avec nous. Avec les trois Porsche de David Mathieu, l’animateur du Garage du Val-d’Amour, la 944 Turbo de Thierry Hamon, la 968 CS de Thierry et Alexandre Simon et celle de Christian et Sabine Lenaerts, cela nous emmène, en théorie (au moins…), au-delà de quinze inscrits à ce jour pour l’édition 2018. Il reste donc une dizaine d’engagements à saisir avant que le plateau, partagé avec les VH, n’affiche complet.
Rappelons, à toutes fins utiles, que l’inscription d’une auto pour les quatre meetings (huit courses) coûte 2 800 € HT, soit sensiblement autant qu’un engagement pour une seule épreuve d’un championnat de France. Et là, on court seul, à deux ou à trois, entre Porsche et porschistes, sur les quatre plus beaux circuits de France.

Demandes d’infos :
stephane@ferdinandlemag.com et 06 20 33 50 44.

Calendrier 2018
Magny-Cours 20-21-22 avril
Circuit Paul Ricard 25-26-27 mai
Dijon 30 juin et 1er juillet
Le Mans – Bugatti 5-6-7 octobre
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2018-08-30T00:56:01+00:00