LA 2.7 CARRERA RS DE LA GRANGE…

Par Pascal Dro

Une fois de plus, ce n’est pas un truc dégoté sur Internet ou racheté à un journaliste free-lance étranger. C’est bien chez nous, au cœur des Yvelines, que l’aventure de cette Porsche a débuté, en septembre 1975, lorsqu’elle a été volée par une bande organisée. Lisez ces lignes, c’est unique.

À cette époque, notre ami Kaiden (ce n’est pas son nom, mais il souhaite rester anonyme) s’offre une Porsche 911 pour rouler et passer un peu de temps sur circuit. Il s’agit alors d’une RSR, du moins dans son aspect et sa préparation : moteur 2.8 RSR, châssis et de roues larges de RSR et aileron de RSR dûment estampillé Sonauto.
Des ailes de Turbo ? Non, car les 911 Turbo ne sont arrivées que bien plus tard sur le marché. Il l’achète en noir mat et roule un peu avec, avant que les ennuis ne commencent. D’abord, la police vient le voir dans le cadre d’une enquête concernant des trafiquants de Porsche. Les trois suspects seront retrouvés et condamnés, l’un d’entre eux aurait ensuite été blessé d’une balle dans l’épaule avant d’être immolé par le feu pour avoir trop parlé à la police. Glurp !
Mais pour en revenir à la voiture, lorsqu’il l’achète, au milieu des années 70, elle est dotée d’une carte grise de 911 T de 1970 et la plaque-support de la frappe à froid a été découpée et remplacée par celle d’une 911 T 2.2, livrée en mai 1971 à La Rochelle. Quant aux numéros figurant sur le bloc moteur, ils ont été limés et remplacés par de pâles copies. Dès le début de l’enquête, la police s’aperçoit d’ailleurs de la manipulation. Peu après, poursuivant leurs investigations, les policiers parviennent à retrouver les vrais numéros du moteur qui se révèle être… un authentique Carrera 2.7 RS de tout début de fabrication.
Mais notre homme, lui, ne sait encore rien de tout cela : il a acheté une Porsche « 2.8 Carrera RSR » semblable aux cinquante-cinq voitures produites par l’usine cette année-là, montée sur la caisse d’une T de base, pour rouler de temps en temps sur circuit et se faire plaisir. Et cela ne lui pose logiquement aucun problème puisque la voiture a été légalement achetée et payée par chèque et la carte grise a donc été transférée à son nom. Tout cela est parfaitement normal à une époque où les Porsche, qui plus est les « F » classiques, ne valaient rien et servaient, dans le meilleur des cas, à des fins de course ou de rallye.. (Découvrez la suite de l’article dans le numéro 27). 

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